À pleines dents.
Que de mets savoureux pour flatter nos papilles 
Et de boissons inouïes pour qui tant nos yeux brillent
Agapes mémorables qui ne laissent de traces 
Lorsque les corps sont jeunes et le désir tenace.
Prendre à pleines mains, mordre à pleines dents 
Sans peur des lendemains, juste vivre au présent 
Que de carrés de peau ouverts à nos caresses
Mystères à explorer jusqu’à joindre l’ivresse
De moments suspendus et de petites morts
Quand le désir tenaille et qu’exulte le corps.
Prendre à pleines mains, mordre à pleines dents 
Sans peur des lendemains, juste vivre au présent 
Que de rideaux baissés qu’on s’empresse s’ouvrir
De zones interdites que l’on veut découvrir 
De barrières à franchir pour aller voir derrière 
D’obstacles à lever pour chercher la lumière.
Prendre à pleines mains, mordre à pleines dents 
Sans peur des lendemains, juste vivre au présent 
On dit que tout cela passe avec les printemps 
Que cela n’a de sens que lorsqu’on a vingt ans.
Combien donc d’inepties lancent les pisse-froid
Qui n’ont pas su choisir à temps la bonne voie.
Prendre à pleines mains, mordre à pleines dents 
Sans peur des lendemains, juste vivre au présent 
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com