Verba volent....
Quand hier soir très tard j’ai dû poser ma plume
Vaincu par le sommeil aussi lourd qu’une enclume
J’avais au bord des lèvres encore quelques vers
Qui demandaient à vivre et à voir un peu l’air.
Tous ces mots sont partis en ne laissant de traces 
Pourtant ils étaient beaux et semblaient si tenaces
Ont-ils pu se vexer de ma grande faiblesse
Moi qui n’ai su alors libérer leur promesse ?
Je ne suis qu’un médium, et d’eux je suis l’otage
Ils coulent grâce à moi pour coucher sur la page
Des textes dont je ne sais par avance la teneur
Au point que de douter de qui est en l’auteur.
Qu’il me soit donc permis à ces mots de leur dire
Juste un petit mot pour les faire sourire
Vous êtes des enfants ne soyez en colère 
Car je ne suis voyez qu’un pauvre vieux grand père.
Mon esprit n’a pas d’âge mais mon corps a vieilli
Je ne suis pas plus sage mais je suis affaibli
Quand le sommeil me gagne je ne peux résister 
Et puis à la campagne, tôt faut se réveiller.
Venez au saut du lit, quand j’ai les idées claires
Quand l’aube qui se lève, bien mon bureau éclaire 
Quand flotte l’énergie que donne un jour nouveau
Quand grouillent les idées au fond de mon cerveau.
Je vous ouvre très grand mes doigts comme mes pages
Vous saurez mieux que moi en faire bon usage
Vous ne rencontrerez ni freins ni résistance 
Pour clamer au grand jour votre belle présence.
Pierre-Jean BOUTET
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