La nouvelle peste.
Ils fuyaient par milliers hors des grandes villes
Échapper à la peste était leur seul mobile
Ce qui lors leur semblait un pays de cocagne
C’était n’importe où, surtout à la campagne.
Ils fuyaient les croix blanches aux portes des maisons
L’odeur des cadavres et des affreux bubons
Les bruits de charrette qui grinçaient dans la rue
Les regards méfiants et les proches perdus.
Ils s’enfuyaient tout droit, pourvu d’être très loin
De l’atroce fléau qui leur semblait sans frein
Impuissants remèdes, inutiles prières 
La peste dite noire éteignait les lumières.
De quel péché ignoble étaient ils donc punis ?
Quand l’église clamait que c’était là sanction
Pour leurs horribles fautes qui mènent à perdition
Devant de tels discours ils étaient démunis.
Ils ne demandaient rien pas même le paradis,
Juste une vie meilleure sans salmigondis 
Ne voyaient-ils la peste frapper sans distinction
Les bons et les méchants et ce sans rémission ?
Aujourd’hui les gens fuient l’affreuse misère 
Celle occasionnée par pillages et guerres
Le fléau d’aujourd’hui c’est bien le sale argent
Qui grandit et détruit sans un souci des gens.
Aujourd’hui le discours est ultra-libéral
Tenu par les tenants de ce grand capital
Qui suce notre vie, qui suce notre sang
À ses yeux c’est bien sûr il n’y a d’innocent.
La grande différence c’est qu’on ne peut le fuir
Il a tout gangréné, il a su tout pourrir
On ne s’attache plus à la valeur des gens
Si on n’est pas capable de la dire en argent.
Il existe un remède c’est de fixer des règles 
Hélas trois fois hélas le pouvoir est à eux
Ils tiennent dans leurs mains ceux qui fixent les règles 
Pas question que quiconque vienne gêner leur Dieu.
Une autre différence c’est que l’argent épargne 
Ceux qui si bien le servent et ainsi plus en gagnent
Mais c’est une illusion c’est lui qui les contrôle 
Tant qu’ils le servent ainsi, ils jouent très bien leur rôle.
La peste a échoué à détruire le monde
L’argent va réussir, c’est bien ça qui est immonde
Car il dérègle tout dans sa course au profit
Jusqu’à anéantir tout être et toute vie.
Pierre-Jean BOUTET
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