Un automne.
Cette année là l’automne avait pris ses quartiers
Plus tôt mais ça n’étonne dès la fin de l’été 
Sur les berges du lac il venait flamboyer
Des couleurs d’incendie que lui seul peut oser.
C’était un carnaval, c’était un mur brûlant 
Les feuillages semblaient dessiner une toile
Où un peintre volait tout le feu des étoiles 
Pour le jeter à l’eau, pour le lancer au vent.
Les sommets contemplaient à leur pied le prodige
Mais ils étaient si vieux que bien plus ils exigent
Un automne de plus dans leur mémoire vieille 
Cela fait bien longtemps que plus rien n’émerveille.
Le lac était paisible mais lui jouait le jeu
Brillait dans son miroir la haie de mille feux
Et le feu comme l’eau se prenaient en mariage
Il n’y avait de combat, il n’y avait de rage.
La nature est ainsi qu’elle invite à la paix
C’est par de telles scènes qu’elle sait vous happer
Où qu’on puisse s’asseoir, patient à regarder
On arrive à surprendre ces moments inspirés.
Pierre-Jean BOUTET