Amère écume.
Élans abandonnés de nos jours de jeunesse
Nos espoirs envolés à force qu’on se blesse 
Nous restent des soupirs à peine exhalés 
Et des larmes au coin des paupières baissées.
On vit de souvenirs c’est bien ça la vieillesse
Quand toute envie de vivre s’estompe et puis cesse
L’avenir n’a de sens, seul compte le passé 
Où l’on revit ces choses qu’on a presque oubliées.
Ainsi que fait la vague lorsqu’elle se retire
Et laisse sur la plage débris et coquillages 
Nos vies en font autant dès lors que l’on soupire
En nous abandonnant des morceaux de nos âges.
Remontent en nos mémoires, s’animent des visages
De personnes aimées et qui s’en sont allées 
Souvenirs de décors aussi de paysages
Où nos amours anciennes nous semblent des mirages.
Regards très attendris sur ces vies qui se lèvent 
Comme autant de bourgeons tout plein gorgés de sève 
Des rayons de soleil qui chassent un peu la brume 
Où  vivent souvent les vieux dont c’est l’amère écume.
Pierre-Jean BOUTET
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