Grognards.
Lorsque l’on parle d’eux, c’est souvent au pluriel
Car les grognards étaient en nombre sous le ciel
Faisant la vieille garde du grand Napoléon
La crème de la crème de tous ses bataillons.
Ils s’étaient distingués dans beaucoup de batailles
Il fallait des années passées sous la mitraille
Pour être alors admis jusque au sein des seins
Dans tous ces régiments qui avaient pour dessein
D’être plus valeureux que tout autre armée 
D’avoir pour l’empereur dévotion sacrée 
Ils portaient la moustache en forme de pistolet
Qu’il fallait las raser quand l’hiver arrivait.
Aussi des cheveux longs noués faisant deux tresses
Un anneau d’or pendu et à chaque oreille
Ils faisaient alors preuve d’une grande hardiesse
Comme d’une bravoure à nulle autre pareille.
Peu de noms sont restés, comme Jean-Roch Coignet
Ou bien le colonel Philippe Higonet
Témoins fort distingués de la ténacité 
De ces grognards d’alors vaillants bien que blessés.
Les rares survivants qui partaient en retraite
Étaient considérés comme vieux de la vieille
Beaucoup furent accueillis parce que invalides
Dans l’hôtel homonyme d’un Bonaparte habile.
Qui me dira qui sont de nos jours les grognards
Non pas des godillots, ni des politicards
Depuis Jules Ferry et tous ses hussards noirs
Qui pourrait comme eux revendiquer la gloire ?
Pierre-Jean BOUTET
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