Téméraires.
Un trio avancé d’une armée qui se terre
Dont pointerait au loin les ombres familières 
Trois troncs plus audacieux partis en éclaireurs 
La raison qu’ils sont là comme des tirailleurs.
Ou alors orphelins oubliés par leurs pères 
Dont sous les coups de hache ont dû périr les mères 
Juste tristes témoins d’une forêt ancienne
Dont ne reste plus rien et ce quoi qu’il advienne.
Encore à les voir, on les dit téméraires 
Que de braver ainsi tout au milieu des terres
La quête du fermier qui est toujours vorace
D’avoir à cultiver toujours plus de surface.
Ne sont-ce pas plutôt trois gentils compagnons
Dont on sent que sans doute Ils pressent la clôture 
Brûlant qui peut savoir à quelque aventure
Tant ils se sentent seuls et livrés à l’horion.
Trois arbres mais lesquels, trois bouleaux qui expriment
Sans même agiter leurs branches si graciles
Combien bien qu’ils soient beaux, on les sent en déprime 
Ils ne doivent cela qu’à une main habile.
Pierre-Jean BOUTET