Vide.
En avez-vous assez de ce que je raconte
De mes tristes bilans, que je règle mes comptes
Avec cette vie ou avec notre monde
Je devrai mettre en pause au moins quelques secondes.
Mais pour parler de quoi, si ce n’est de la vie
Si ce n’est pas de moi, si ce n’est pas du monde
Car tout ça fait partie de notre même ronde
Pourquoi faudrait-il qu’à présent j’en dévie ?
Quand je chante l’amour et le parfum des choses
Quand je décris l’oiseau, la lumière du jour
Je ne puis m’empêcher d’être aussi morose 
Car je sais que tout ça ne durera toujours.
Mais ce n’est pas le temps, ni la mort qui m’angoissent
C’est de savoir les hommes victimes de leur poisse
C’est de savoir ce monde au bord de l’extinction
C’est savoir qu’après moi plus rien n’aura de nom.
On peut s’émerveiller d’un éternel matin
D’une aube qui renaît, d’un amour qui s’éveille 
On peut bien s’attrister sur ce mort que l’on veille
Car on sait que la vie continuera demain.
Mais que dire ou penser devant ce qui nous vient
Quand le néant sera, qu’il n’y aura plus rien
Ni sourire d’enfant, ni peintre, ni poète 
Ni jardin, ni oiseau, dont la vie se répète ?
Point m’importe ma vie qui ne vaut plus qu’une autre 
Mais je tiens à la vie comme à ce miracle
Qui dans tout l’univers offre unique spectacle 
Je ne veux la terre, vide par notre faute. 
Pierre-Jean BOUTET
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