Torpeur.
Un voile s’est posé tout autour de ma tête 
Un voile très léger qui se joue de ma quête 
Qui pèse sur ces mots dont je fais la conquête 
Lorsque je les convoque dans leurs habits de fête.
Une brume subtile colorée de fatigue
Qui englue tous les mots et en gêne la gigue 
Elle leur pose à tous de lourds souliers de plomb
Entrave le poète qui manque alors d’aplomb.
Une ouate à peine là où tous mes mots peinent
Ce n’est pas la géhenne mais je sens son haleine
Une fumée d’opium dont je sens qu’elle m’entraîne 
Dans un sommeil profond dont j’émerge avec peine.
Un brouillard envahit chacune de mes phrases
Devrais-je en passer lors par toutes les phases
En traverser les couches quand m’appelle ma couche
Jusqu’à ce qu’accouchent tous ces mots sur ma bouche.
C’est un bain de vapeur dont je sens la chaleur
Qui dissout tous mes mots dans la douce torpeur
D’une vague qui monte comme montent les pleurs
Alors je m’abandonne pour les prochaines heures.
Pierre-Jean BOUTET
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