Pour un peu de pluie.
Dans la cruche vernie j’ai recueilli l’eau fraîche
Et le pot de terre, je l’ai empli de miel
Pour t’apaiser un peu, tu as la gorge sèche 
D’avoir bien trop crié en injuriant le ciel.
Cette eau que tu vas boire, je l’ai puisée profond
Bientôt le puits sera sans une goutte au fond
Des mois que l’on attend que la pluie enfin tombe
Pour voir verdir les champs et éviter la tombe.
Il nous faudrait partir de ces lieux trop ingrat
Chaque année le désert gagne d’un ou deux pas
Partit pour aller où, ici on est chez nous
Bienvenus nulle part, ou rejetés partout.
Des enfants sont partis pour y tenter leur chance
Vers bien d’autres pays, l’Angleterre où la France
On n’a jamais revu un bon nombre d’entre eux
Ceux qu’on a entendu y sont bien malheureux.
Au village voisin, ils ont creusé des puits
Mis des panneaux solaires, une éolienne aussi
Ils ont de la lumière, ils peuvent étudier 
Et apprennent leurs champs a bien mieux irriguer.
Accrochons-nous encore à notre terre mère 
Elle peut nous combler si on ne la trahie
J’ai fait la nuit un rêve que je ne veux plus taire
Je t’ai vu à l’araire, la pousser sous la pluie.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com