Mes jours de l’an.
Quand le vent vient siffler en animal blessé 
Sur le cœur desséché des grandes branches mortes
Quand il vient en passant à pleurer à ma porte
Je sens l’hiver avide de mes espoirs glacer.
Lorsque les eaux bouillonnent aux débâcles annoncées 
Et que tout elles emportent dans les lits débordés 
Quand elles viennent lécher les murs de ma demeure
J’entends gémir l’hiver, et je n’ai pas de pleurs.
Quand la sève transpire aux plaisirs des bourgeons
Quand l’énergie respire en printemps d’illusions
Quand j’ai à mes narines des senteurs d’exception
En moi la vie reprend ses plus folles passions.
Quand les herbes jaunissent sous les chaleurs d’été 
Et que les peaux brunissent aux plages ensablées 
Les vapeurs qui s’élèvent semblent toutes chargées
De ces visions qu’en rêve j’ai eu de t’enlacer.
Quand les arbres se lassent de feuillages trop tendres
Qu’ils veulent des couleurs et cela sans attendre
Que l’on peut voir brûler des forêts entières 
Je sais alors que l’an consume ses lumières.
Lors quand le vent siffle en animal blessé 
Sur le cœur desséché des grandes branches mortes
Quand il vient en passant à pleurer à ma porte
Je sais qu’Hiver arrive sur mes espoirs glacés.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com