En ombres chinoises.
Silhouettes perdues toutes en ombres chinoises
Découpées sur le ciel aux reflets bleu turquoise
Où le gris le dispute à ces lueurs blafardes
Qui se plaquent parfois sur les faces hagardes.
Solitaires accrochées aux pentes des falaises
Vertiges acculés allant jusqu’au malaise
Que l’avalanche un jour viendra effacer
Ces vies là qui viennent à la pente s’amarrer.
Les flancs rocailleux où les neiges s’attardent
Sont hérissés souvent de ces arbres tenaces
Qui se moquent un peu de toutes les menaces
Que place sur leur tête une triste camarde.
Si la vie est fragile elle reste étonnante
Il n’est point de fissure où sa chance elle ne tente
C’est ainsi qu’elle est par endroit foisonnante
Et qu’à d’autres elle reste tout juste présente.
Ah que j’aime ces cimes sur le ciel découpées 
Que j’aime ces racines noueuses et cramponnées 
Même quand peu de chance lui est ainsi donnée
Les masses minérales, la vie vient épouser.
Pierre-Jean BOUTET