Marécages.
Pourquoi dame tristesse s’est-elle acoquinée 
Avec monsieur le vide et sa sérénité
Pourquoi mes bleus à l’âme n’y peuvent résister 
A l’étendue livide et ses mille marais ?
Je demeure immobile alors à contempler
Cette image impavide que rien ne vient troubler
Cet espace ouvert où n’est nulle frontière 
Ce coin de l’univers perdu de ciel et terre.
Je rêve d’embarquer sur ce calme plan d’eau
D’y glisser sur ses rides dans un fruste radeau
De partir vers ces îles que je vois tout là-haut 
Et d’y aller dormir allongé sur le dos.
Je rêve de me perdre au cœur des marécages 
De vivre ce bonheur de sortir de ma cage
De me noyer alors dans l’apaisant message
Du reposant tableau qui invite au passage.
Pierre-Jean BOUTET