Plus le même chemin.
Il a bien travaillé toute cette journée 
Il a fait quelque chose qui aussi lui a plu
Satisfait des efforts qu’il lui a bien fallu
Pour réussir cela, sans trop compter donner.
Maintenant il retrouve son accueillant foyer
Simple mais confortable, voit ses enfants jouer
Sa femme est rentrée, ils vont bientôt dîner 
Tous autour de la table, alors ils vont parler.
Faire de ces projets de sorties, de vacances
Demander aux enfants si tout s’est bien passé 
Puis ces derniers couchés, et hors de leur présence 
Échangeront tous deux sur ce qu’ils aimeraient.
Aussi s’inquièteront des nouvelles du monde
Se demandant quoi faire pour agir comme il faut
Même s’ils sont heureux sur la planète ronde
Ils savent que la mort trop y brandit sa faux.
Elle est fatiguée d’avoir encore trimé
Tout le jour sur la chaîne en gestes répétés 
Mais elle n’a pas le choix c’est cela ou chômer 
Tout ça n’a aucun sens sinon des sous gagner.
Puis elle va rentrer dans son petit deux pièces 
Où ses enfants l’attendent, c’est pas vraiment la liesse
Ce n’est pas trop chauffé dans ce pauvre foyer
Des pâtes et du jambon il y aura à manger.
Elle n’a pas de forces pour bien s’en occuper
Surveiller leurs devoirs ou bien les câliner 
Les tâches ménagères vont bien l’accaparer
Dans son lit elle se jette, solitaire elle est.
Elle a pour hantise toujours la fin du mois
A boucler son budget elle n’y arrive pas
Malgré les sacrifices, las ses enfants n’ont pas
Dans cette vie si terne, quelques petites joies.
Que partagent-ils donc ces deux banals destins
Juste la même rue, ils se voient le matin
C’est à la même école que vont tous leurs enfants
Leur regard sur la vie, eux sont bien différents.
Différentes questions, différentes réponses
Celle qu’aura l’un d’eux, sera pour l’autre absconse 
Pour être solidaire et se tenir la main
Il faut se convaincre qu’on a même chemin.
Jadis était un pacte qu’on dit républicain 
Où chaque homme et femme était bien citoyen
On a perdu en route le bon sens du partage
Les puissants on le sait, y ont trop fait barrage.
Pierre-Jean BOUTET
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