Un doigt levé.
C’est un très grand rocher, au milieu de la lande
Posté là par hasard, dans une longue attente
Vois ce caillou dressé, au sommet arrondi
Comme un doigt levé, pointé vers l’infini.
Ils viennent de fort loin, de toutes directions
Pour y faire à son pied d’intenses dévotions 
Dans ce monde qui change, dont on perd le sens
Le rocher lui est là, immuable existence.
Étrange paradoxe d’un homme prétentieux 
Que ce rocher domine comme s’il parlait aux dieux
Atavique besoin que cette communion
Avec la nature dont l’homme n’est qu’un pion.
La masse minérale pour lui est rassurante
Sa présence impassible répond à ses attentes 
Quand elle lui renvoie par ses muets échos 
Quelque intime réponse à ses mots de dévot.
Du lever au couchant son ombre se projette
Un immense cadran au milieu du désert 
Tous les hommes à ses pieds chaque jour y guettent
Un signe qui pourrait répondre à leur quête.
Regardez-le saillir dans cet espace vide
Menhir démesuré pour leurs questions avides
Point d’interrogation que ce parfait mystère 
Que ce rocher pointé comme un doigt de la terre.
Pierre-Jean BOUTET
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