Sur des chemins boueux.
Combien de temps encore pour aligner des mots
Qui ouvrent d’autres portes que celles de nos maux
Combien de temps aurai-je pour déverser mes mots
Dans l’océan prospère où meurent les idéaux ?
Tous mes poèmes glissent comme petits ruisseaux
Sombrent dans des abysses plus profonds que tombeaux
Les fleuves de violence, de bêtise et de guerres
Submergent mes propos qui de force n’ont guère.
Qu’importe moi j’écris sous les fourches Caudines
Des urgences absolues et pour ça je m’indigne
Petite voix perdue comme d’autres inaudibles
Ou alors méprisées quand elles restent crédibles.
Quand il n’y aura plus rien à part un grand silence
Tous ces mots se tairont en raison de l’absence
Quand il n’y aura d’oreille pour pouvoir les entendre
Qu’il sera bien trop tard pour hélas les comprendre.
C’est comme un cri muet envoyé vers des cieux
Immobiles et sourds comme le sont les dieux
Mes écrits des cailloux sur des chemins boueux
Mes mots tous balancés comme d’ultimes adieux.
Pierre-Jean BOUTET
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