Obsession.
J’aime bien m’enjouer de mère nature
Je sens vibrer toujours l’amour je vous l’assure
Je demeure enchanté par les joies de la vie
Je veux les célébrer encor et à l’envie
Je les dis si précieuses à corps et à cris.
Pourtant à l’horizon je vois du noir mousser
Trop de voiles sombres qu’on ne sait repousser
Je sens au fond de moi l’avenir reculer
Devant les problèmes qui vont nous acculer 
Combien nous reste-t-il ? Le temps est calculé.
Comment puis-je à la fois vous prôner l’insouciance
Vous dire carpe diem quand je n’ai pas confiance
Comment en appeler à toutes les jouissances
Quand je garde à l’esprit cette affreuse conscience
Que la fin, notre fin est là dans la balance ?
Derrière le miroir qui n’est plus qu’illusion
D’une nature intacte, j’entends les prévisions 
Je ne parviens hélas à chasser ces visions
Ces images qui annoncent notre disparition
Quelle que soit l’échéance, ça donne des frissons.
Alors s’il y a des jours où tout autour respire
Encore heureusement de cette joie de vivre
Point n’arrive à présent à faire abstraction
De ces affreux prémisses de notre destruction
Ma poésie s’imprègne de cette obsession.
Pierre-Jean BOUTET
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