Abri.
On s’y croit à l’abri, des violences et des cris
Entre nos quatre murs, ça a vraiment du prix
Comme on s’y blotti, au chaud dans notre nid
Tout seul ou entre amis, personne ne le nie.
Avoir d’abord un toit, n’être pas sans abri
Disposer d’un ancrage, y poser ses bagages
Même le voyageur, même loin du pays
Aime savoir qu’il a un chez lui, au village.
Besoin d’une coquille pour sa sécurité 
Besoin d’un lieu secret pour son intimité 
Même ouvert au monde, même globe trotter
On aime avoir toiture sur notre vaste terre.
On a si peu de prise sur ce qui est dehors
Dedans on a tant prise sur le moindre décor 
On y recrée pour soi un lieu où on est bien
Et on tisse avec lui bien souvent de forts liens.
Maison de son enfance si pleine de trésors 
Souvenirs accrochés dans ces lieux où l’on dort
Dans ce théâtre là on y rejoue souvent
Le meilleur de ces temps qu’on a vécu avant.
Maisons de l’âge adulte, berceau de ses enfants
On les a vu grandir, on s’en souvient longtemps
Et même si la vie en a changé les murs 
Elle y a gravé bien de nos aventures.
Maison de sa vieillesse, et ultime escale
Refuge pour ces jours avant la fin fatale
Que l’on veut bien douillette pour mieux s’y reposer
Que on aime au calme pour pouvoir méditer.
Est chose bien cruelle que perdre sa maison
Au point parfois hélas d’en perdre la raison
Petite fin du monde quand elle part à vau-l’eau 
Quand guerre ou incendie détruisent votre îlot.
Nous ne sommes après tout que des Bernard l’Hermitte 
Car est-ce nous où lui qui si bien l’autre imite 
Il nous faut la coquille pour abriter nos vies
Nous sommes si vulnérables hors de notre abri.
Pierre-Jean BOUTET
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