Compagnons.
Ils sont sur fond de sable tous les deux sont dressés 
La scène n’a de date, ni de lieu indiqué 
Elle est intemporelle, elle est sans simagrée 
Et si elle est surprise, elle n’est pas jouée.
L’homme et le dromadaire y sont en connivence
Se sont tissés entre eux bien des liens de confiance
Ils sont là côte à côte dans leur complicité 
L’homme qui lui sourit, lui donne à manger.
C’est d’un bras amical qu’il enlace son cou
C’est d’un air détaché qu’elle penche sa tête 
Vers l’appât délicieux dont elle fera sa fête 
Il y a dans la scène quelque chose de doux.
On ne lit pas de crainte dans son air apaisé
Le chamelier lui même a la moue amusée 
Dans ce dépouillement il n’y a point de chiqué 
Juste l’homme et la bête par un pacte liés.
Ce sont deux compagnons qui s’accordent un repos
Dans ce désert immense la halte vient à propos
L’un tant dépend de l’autre qu’il lui offre un cadeau
Il y a dans cet échange quelque chose de beau.
Un moment arrêté empli de liberté 
L’homme ni l’animal ne s’y voit dominé 
J’aimerai un tel lien entre le monde et nous
Cet immense respect comme entre elle et vous.
Pierre-Jean BOUTET
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