Venin.
Venue à la fontaine, tremper ses bas de laine
Dans sa bassine pleine, elle chantait Marjolaine
Des airs de lavandières aux odeurs de printemps
De ceux dans les musettes que souvent on entend.
Craquent quelques brindilles tout soudain dans son dos
Bascule sa bassine et glisse son manteau
Une main sur sa bouche bâillonne tous ses mots
Tandis qu’une main cherche le creux de son fuseau.
Où passée l’innocence dans ce triste tableau
C’est juste la puissance qu’a le loup sur l’agneau
Tu cries à l’indécence mais ce n’est pas nouveau
Le temps des lavandières n’a dit son dernier mot.
Qu’est-ce qui a changé hormis le beau décor ?
Les rues sont dans nos villes, les fontaines d’alors
Et si les lavandières ont toutes disparues
Aussi leurs bas de laine, mais pas les ingénues,
Les loup rôdent encore guidés par un instinct
Qu’ils ne dominent guère, et qui comme un venin
Vient s’emparer des femmes pour se faire du bien
Et brisera la flamme de la vie en leur sein.
A la claire Fontaine s’en allant promener
Toujours les Marjolaines doivent se méfier 
Ce n’est leurs bas de laine qui y sont convoités 
Par les loups qui y traînent pour faire leurs méfaits.
Pierre-Jean BOUTET
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