Vibrer à l’unisson.
Comment se protéger des échos les plus lourds
Comment aux inquiétudes demeurer aussi sourds
Comment la poésie peut-elle trouver place
Dans un monde agité de propos dégueulasses ?
Sans doute est-il plus que jamais nécessaire 
De parler d’harmonie, de chanter les caresses 
Si tu sens s’élever les vapeurs de l’enfer
De parler de bonté ou de beauté ne cesse.
Déjà François Villon se gaussait des puissants
Déjà sa poésie portait de rudes accents
Ses vers étaient chargés de stupre et d’images
Propres à effaroucher les vertus les plus sages.
Elle n’est pas un masque là posé par pudeur
Pour ne pas voir le pire qu’il y a dans les cœurs
Elle n’est elle même si elle travestit
Ce n’est pas celle que j’aime quand elle se trahit.
Entendez la gémir, écoutez donc sa plainte
N’est-ce pas là sa place de laisser une empreinte
De dénoncer du pire, quelle peut être l’étreinte 
C’est la dernière voix que l’on voudrait éteinte.
Alors si le soleil luit sur ma thébaïde 
Si je puis bien aussi aimer les airs languides
Je vibre à l’unisson des malheurs de ce monde
Ma poésie décrit tout ce qu’il a d’immonde.
Pierre-Jean BOUTET
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