Au secours !
J’ai envie de crier au secours, au secours
Quand je vois devant moi de l’avenir le cours
Pas secours pour moi même, mais pour l’humanité 
Par peur pas pour moi même, pour la postérité.
J’ai envie de hurler, bon sang, reveillez-vous !
Nous allons dans le mur, au moins le savez-vous
Vous semblez comme pris dans la lueur des phares
Et restez immobiles quand le futur s’égare.
Quand vous ne regardez que sur votre chemin
Les cailloux à vos pieds et à portée de main
Que vous ne voulez-voir cette faille béante 
Quelques pas plus loin, alors qu’elle me hante.
Au lieu que de freiner, d’infléchir votre cap
Au lieu de réfléchir si vous en êtes cap
Vous préférez foncer même toujours plus vite
Quel est donc ce diable qui vous y invite ?
En tête du cortège je ne vois que des fous
Qui partout vocifèrent et accélèrent tout 
C’est à qui le plus haut hurlera sa colère 
C’est à qui le plus fort poussera la galère.
Serions nous de ces rats qu’on mène à la noyade
Qui suivent d’un seul pas les joueurs de biniou ?
Qui refusent de voir quel est le terminus 
Plutôt que renoncer à tous leurs tristes abus.
Pierre-Jean BOUTET
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