Serviles messagers.
Je ne sais plus très bien quand tout a basculé 
Quand ce monde ouvert est devenu étroit 
Quand les hommes ont trahi leur belle liberté 
Que l’argent a partout étouffé tous leurs droits.
Au lendemain des guerres il y avait tant d’espoir
Ils avaient fait long feu les vieux rêves de gloire
L’avenir promettait à tous plus de bonheur
Des solidarités ce furent les grandes heures.
Puis chacun a voulu toujours plus et encore
On vit bientôt dans l’autre hélas un concurrent
Qu’un semblable auquel plutôt sa main on tend
Les valeurs n’étaient plus affichées que dehors.
La terre était belle, la nature sans lois
Croissez, multipliez, c’est à vous que je dois
Si vous êtes les maîtres, prenez et pillez moi
Je suis vaste, éternelle, vous avez tous les droits.
L’homme ne tremble plus, ni non plus s’émerveille 
N’a-t-il pas maîtrisé l’énergie des soleils
L’homme se croit un dieu mais il est le jouet
De la seule puissance qui a tout dominé,
De sa cupidité il est hélas l’esclave
De son avidité, tant pour l’argent il bave
Le Dieu c’est l’étalon et la seule mesure
Le seul but d’un humain jusqu’à la démesure.
On voit de ces nababs qui ont accumulé 
Des monceaux de richesse plus qu’ils peuvent en compter
À côté bouche ouverte, on en voit tant crever
Sont-ce pour eux des hommes ou de pauvres déchets ?
Et les peuples applaudissent de vertiges emportés 
Fascinés par le luxe que trompeurs ils promettent
Effrayés de songer, sont-ils devenus bêtes,
Qu’ils pourraient à leur tour dans ce néant sombrer.
Je ne sais plus très bien quand tout a basculé 
C’était sûrement avant que n’entrent dans la course
Tous ces politiciens serviteurs de la bourse
Qui sont des plus puissants, serviles messagers.
Pierre-Jean BOUTET
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