Le mal de toi.
Lorsque je tends l’oreille dans le vent il me dit
Qu’il porte des merveilles en murmures assourdis
Des paroles tendresses qui sont venues à moi
De ces mots qui me pressent de revenir vers toi.
Quand je lève le nez vers la pluie qui me baigne
Je sens parmi les gouttes qui mon visage atteignent
Des odeurs oubliées qui me mettent en émoi 
Des senteurs que j’aimais, quand elles venaient de toi.
Parfois lorsque je marche ici ou n’importe où 
Je sens sous ma semelle rouler quelques cailloux
Ils m’évoquent la grève où nous allions parfois
Les embruns sur nos peaux et j’ai le mal de toi.
Lorsque le crépuscule bat le rappel du sombre
Que je suis sur mon lit plongé dans la pénombre 
Je sens au creux des draps où il y fait sa loi
Un souvenir bien pâle, comme un ersatz de toi.
Quand je suis dans la foule de toutes parts pressé
Que j’y cherche un visage, une personne aimée 
Je m’y sens pourtant seul, je perds alors la foi
Que j’avais dans la vie, par ce manque de toi.
Pierre-Jean BOUTET
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