Au fil des mots
Écrire sur tout et rien, écrire ça fait du bien
Ça pousse tout en dedans, on aime quand ça vient
Que vous grinciez des dents, ou trouviez que c’est bien
Mais c’est plus fort que tout, mais c’est plus fort que vous.
Je ne peux pas me taire, me taire c’est l’enfer
Dans une boute en fer, il me faut bien plus d’air
Écrire plus que dire, car c’est bien mieux d’écrire 
Les mots ou les paroles, je ne saurai mieux dire.
Je vois les mots qui naissent alors au fil des lettres
Que va-t-il en sortir, que du bon sens peut-être ?
Lorsque l’esprit est là qu’il est à la fenêtre 
Il soufflera assez, car l’esprit n’est pas traître.
Quelque soit mon propos, il sera fait de mots
De mots qui parfois parlent, parfois restent muets
Qui sait donc par avance ce qu’ils vont remuer ?
Seront-ils de façade ou porte voix de maux ?
Beaucoup ont peur des mots, de peur qu’ils les trahissent
Ils s’emmurent alors dans leur for intérieur 
Prisonniers des échos de paroles non dites
Ils ne pourront donner d’eux mêmes le meilleur.
Je préfère ce risque ainsi que les revers
Je parle rarement à tort et à travers
Mais je préfère écrire car je me lis d’abord
Et ce que je puis dire je l’évalue alors.
D’ailleurs est-ce un hasard si cri est dans écrire 
Il y a dans les deux cas une urgence à dire
A lancer quelques mots dans l’air ou sur la page
Espérant un écho quelque soit son langage.
Belle démonstration à travers ce poème 
Que en partant de rien, on dit ce que l’on aime
En déroulant les mots voilà qu’ils prennent sens
C’est là une manière de dire sa présence.
Pierre-Jean BOUTET
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