La goutte et l’océan.
Sur le plan d’eau trop calme est tombée une pluie
Comme un rideau de larmes lorsque la vie s’enfuit
Ne laissant d’autres rides sur le fleuve du temps 
Que cercles concentriques qui meurent lentement.
Ne sommes nous des gouttes qui troublent un moment
Par mille souvenirs et projets tout autant
Le tapis impassible qui toujours lentement 
Effacera ces traces dans ses sables mouvants.
Quand nous naissons de rien puis retour au néant 
Quand nous ne sommes rien que graines dans le vent
Pourquoi tant de désirs, de passions et d’amour
Qui ne sont qu’étincelles à la lueur des jours ?
Que j’aime cette idée que de ne rien peser
De n’être qu’un instant un soupçon de pensée 
Mais s’il y a trop de gouttes à être empoisonnées 
Est-ce que le cours du temps lui en sera changé ?
Quand des milliards de gouttes se mettent à s’écarter 
Quand c’est le cours du fleuve qu’elles entendent ignorer
Quand elles oublient la mer d’où toutes elles sont nées 
Et qu’elles risquent aveugles de la contaminer
Sur le plan d’eau souillée tombera une pluie
Et ce rideau de larmes tombera dans l’oubli
Ne laissant d’autres rides sur le grand océan 
Que quelques souvenirs effacés par le temps.
Pierre-Jean BOUTET
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