Intimité 
Le froid tape à ma porte sous les assauts furieux
De ces vents quand est forte la colère des cieux
Rien dehors ne résiste à l’affreuse tempête 
Au cœur de ma maison, elle n’est un trouble-fête.
Ses murs sont bien solides et son toit arrimé 
Qui offrent peu de prises aux courants déchaînés 
Comme l’eau sur des plumes l’ouragan va glisser
Épargnant à nouveau cette fois mon foyer.
Quel curieux sentiment d’être ainsi protégé 
Dans cet abri très sûr en dépit des dangers
Ressentait-il cela l’ancêtre dans sa grotte
Où le feu le gardait de ces bêtes féroces ?
Ce n’est pas le confort ni le douillet du nid
Que je ressens si fort au creux de cette nuit
C’est bien cette coquille si solide autour
C’est cette carapace dont j’aime les contours.
Comme un Bernard l’hermitte je nargue tout dehors
Quand entre quatre murs, je me sens sûr et fort
Que vienne à s’écrouler la tranquille bastide
Je crains de m’effondrer, de n’être si solide.
J’ai vu ces derniers temps frapper les catastrophes
Les visages hébétés offerts par les victimes 
Je me sens solidaire sans être philosophe
De ces gens si brisés jusqu’au cœur de l’intime.
Pierre-Jean BOUTET
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