Quelque chose est brisée.
Quelque chose en moi a bien du se briser
Pour qu’écrire léger ne puis plus arriver,
J’aime toujours autant les rires et les roses,
Ils désertent pourtant de plus en plus ma prose.
Où sont ces papillons qui frétillants jadis
De toutes les couleurs, se prenaient dans mes fils ?
Où sont ces jolies brises toutes chargées d’amour
Qui enrobaient ma plume de leurs tons de velours ?
Mes vers charrient du sombre ou du désespéré 
Qui coulent désormais de mes doigts sans arrêt 
Que puis-je, dites moi, faire pour que ça cesse
Que reviennent à nouveau de l’espoir les caresses ?
Chaque jour des nouvelles s’abattent sur les ondes
Pour nous crier encore le triste état du monde
Dois-je fermer les yeux, me boucher les oreilles
Espérant retrouver tout net à mon réveil ?
C’est vrai qu’autour de moi la nature est belle
Qu’encore à chaque instant, celle ci m’émerveille 
C’est vrai qu’après l’orage luit un nouveau soleil
Et que tous les matins c’est une aube nouvelle.
Pourtant je sens planer la menace invincible
Qui fait tant de progrès, chaque jour, c’est visible
Contre qui nos efforts semblent las si risibles
Je tremble pour les hommes, si je n’en suis la cible.
Pierre-Jean BOUTET
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