Jadis.
Jadis je n’avais d’autre souci en tête 
Que de penser beaucoup à la prochaine fête 
Au prochain bon moment, à l’occasion de rêve 
Cela c’était avant que demain on m’enlève.
Je me croyais alors dans un monde en progrès 
Qu’il suffisait bien sûr de bien accompagner
D’un monde qui allait chaque jour un peu mieux
Grâce aux pouvoirs des hommes, à leurs vœux ambitieux :
Lutter contre la faim et toutes maladies
Éduquer les enfants, arrêter les conflits
Instaurer sur la terre une paix continue
Lever grâce aux sciences toutes les inconnues.
Combien j’ai déchanté en devenant adulte
Je ne vois plus que lui devant qui ils exultent
Presque tous semblent hélas y avoir renoncé 
A ces nobles projets, pour l’argent amasser.
Jadis quelques valeurs leur servaient bien de pôles 
Sur lesquels très nombreux ils réglaient leurs boussoles
À présent ils se tournent vers des buts identiques
Vers le pôle argent, leur pôle magnétique.
Car s’il s’agit de jouir, si c’est bien là la quête 
C’est pour eux le moyen, il est vrai tout s’achète 
Si tu es mon concurrent plutôt que mon semblable
J’ai rien à te donner, qui en reste capable ?
Nous sommes si nombreux sur la petite boule
Qu’ils sont de plus en plus à en perdre la boule
Il faut s’accaparer les ressources plus rares, 
Plus rien à partager, on devient tous avares.
C’est une frénésie où de tout on se gave
Sans avoir grand souci c’est cela qui est grave
De ce que l’on prélève et de ce que l’on gâte 
Sur les lieux où l’on vit et qui tant se dégradent.
À présent je n’ai plus que ce souci en tête 
Quel monde sera demain ? Plus de temps pour la fête 
Comment donc tous agir pour éviter le pire
Cette issue fatale qu’on voit dans l’avenir ?
Pierre-Jean BOUTET
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