Pas de sauf-conduit.
Ce n’est las qu’à l’automne qu’on en verra le fruit
La fleur au potager donnera la citrouille
C’est ainsi pas à pas que la vie se construit
Laissant derrière elle quelques belles dépouilles.
Si tu n’entretiens rien, alors tout se détruit 
Ça commence toujours par des traces de rouille
De cela tous très jeunes, on doit être instruits
Que le temps abîme chaque chose qu’il mouille.
Il semble si discret, il ne fait pas de bruit
Ce qu’il touche est flétri, même s’il ne le souille
Il s’en prendra à toi bien autant qu’à autrui 
Sous ses airs innocents qui aussi nous embrouillent.
Personne ne détient hélas de sauf-conduit
Caché au fond des poches même si on le fouille
Pour tous la même fin au terme de l’usufruit
Pour tous au fond d’un trou, quelle que soit notre bouille.
Pierre-Jean BOUTET
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