Je crains que celui là en rien ne vous épate 
Qu’il me vaille plutôt de violents coups de pied 
Car préparez vous y et pour ça on s’assied 
Je m’en vais vous parler du traine savates.
Réhabilitation du traîne savates 
En ces temps agités où tout va bien trop vite
Où une envie d’agir trop souvent nous habite
Moi vrai je le confesse celui qui seul m’épate
Quand il en est encore, c’est le traine savates.
L’illustre Paul Laffargue a déjà célébré 
Le droit à la paresse celui de trainasser
Quand tant sont irrités que l’on traine du pied
Qui prennent ces quidams pour des décérébrés,
J’ai considération pour tous ceux qui résistent
Si tant que aujourd’hui encore il en existe
Qui ne craignent en rien pour leur réputation
Qu’on les affuble ainsi de cette appellation.
D’ailleurs constatez-le les plus belles savates
Sont celles des grands clowns qui n’ont pas de cravates
Mais aiment amuser en prenant tout leur temps
Sur la piste des cirques les petits et les grands.
Demandez-vous alors et un peu comme moi
Que cache donc l’allure de ces gens qui refusent
D’aller du même pas que tous ceux qu’on abuse
Qu’on pousse dans le dos sur leur chemin de croix.
Parce que la vie est courte, eux ils prennent le temps
L’époque ils écoutent et combien c’est vraiment navrant 
De vivre à cent à l’heure, avec tout ce qu’on rate
Ce qui n’est pas le cas de nos traine savates.
Pierre-Jean BOUTET