Le bruit des chutes.
N’allez croire à me lire que je reste prostré 
La tête entre les mains et à me lamenter
Mon âme est effrayée par tout ce qui s’annonce
Mais mon coeur et mon corps au bonheur ne renoncent.
C’est bien parce que je goûte à ces félicités
Que j’ai déjà regret pour ceux qui viennent après 
J’ai l’esprit déchiré par tout ce grand gâchis
Que tous les hommes font de leur beau paradis.
Alors je me délecte plus fort de chaque instant
La beauté d’une fleur ou l’air rafraîchissant 
Le goût de cette fraise que je cueille au jardin
L’oiseau a ma fenêtre qui rejoue son refrain.
Combien j’ai l’âme lourde de ces futurs chagrins
Que dessinent déjà les prochains lendemains
Combien j’ai de colère de n’avoir dans mes mains
Que des mots dérisoires pour peser sur les freins.
Je vis dans le grand livre dans ses dernières pages
Laquelle je ne sais mais retenez l’image,
Je suis né dans ce monde dans un lointain passage
Et je vois à présent bien d’inquiétants présages.
Pourtant tout comme vous je m’en vais me lever
Et comme tous les jours aussi continuer
Porté par un courant que ne puis contrarier
J’entends le bruit des chutes où il va nous jeter.
Pierre-Jean BOUTET
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