Empreintes.
Mais quel courant les porte ces mots qui viennent à moi
Quelle énergie les roule jusqu’au bout de mes doigts ?
Étaient-ils là dans l’air pour que je les attrape
Comme sont des raisins qui pendent dans les grappes ?
Mais de quelle prison les aurai-je sortis
J’espère en tout cas, pas de leur paradis
Car je ne sais au vrai s’ils aiment être posés
Sur une page blanche ou s’ils aiment voler.
Je préfère penser qu’ils n’y laissent que trace
Qu’une empreinte volée, repartent dans l’espace
Qu’ils ne font que prêter leurs lettres au passage
Avant de retourner là-haut dans les nuages.
Comment si non pouvez-vous m’expliquer 
Qu’on les retrouve tous dans des textes empilés 
Depuis l’aube des temps, par millions, par milliers
Et qu’ils semblent jamais, non jamais épuisés ?
Ce sont des papillons dont les ailes caressent
Juste un moment la page et leur marque y laissent
Ce sont souffles légers, invisibles et sans teinte
Qui posent ici et là leur sensible empreinte.
Pierre-Jean BOUTET
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