Derniers feux.
J’aimerai la revoir la couleur de l’aurore
Avant que ne m’emporte, dans le néant, la mort
J’aimerai que caresse mon âme ton sourire
Avant que je m’en aille puisque je vais mourir.
Accordez-moi de grâce ces instant de répit 
Car là où m’emmenez, il n’y a rien de pis
Laissez moi éprouver encore un peu la vie
Car là où je serai, n’existe aucune envie.
Celle de respirer à plein l’odeur des roses
De voir le papillon sur la fleur qui se pose
Comme le fait la main quand rien ne s’y oppose
De goûter de la vie, ces merveilleuses choses.
Je voudrai entendre le carillon fêter 
La levée du soleil à six heures sonnées,
Écouter la chanson des oiseaux réveillés 
Croquer dans ces raisins, que jadis, je cueillais.
Laissez moi donc écrire une lettre d’adieu
Pour dire fort aux miens l’amour que j’ai pour eux
Coucher sur le papier les derniers mots volés 
S’ils versent quelques larmes, pour les mieux consoler.
Leur dire j’ai vécu de bien longues années 
Et si certes je pars contre ma volonté 
Sachez que je le fais sans remords, mais regrets
Que la vie soit trop courte pour tout y savourer.
Ne perdez une miette de l’étrange aventure
Qui vous fait débarquer un jour dans la nature
Car vivre c’est déjà un miracle c’est sûr 
Même si le hasard régit cette pâture,
Au point d’y griffonner quelques sales ratures.
Pierre-Jean BOUTET
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