Amertume
Je traîne l’amertume des vieillards d’aujourd’hui
Qui regardent en arrière leur paradis perdu
Je n’ai plus ces yeux neufs que posait sur la vie
Cet enfant que je fus, que j’ai perdu de vue.
Lorsque j’étais petit que je ne savais rien
Je ne pouvais que croire qu’on aspirait au bien
Je voulais tout apprendre du monde autour de moi
Je voulais tout connaître des hommes comme moi.
J’endosse alors parfois ce manteau de l’enfance
En cherchant ce regard sur les choses je pense
Sans aucun préjugé, ouvert à la surprise
Encore innocent de toute idée apprise.
Maudite amertume qui gâte les vieillards
Ils sont tous posthumes leurs émerveillements 
Ils ont des souvenirs embellis par le temps
Aveugles aux embellies qu’amènent les printemps.
Pourrez-vous pardonner cette alacrité 
Qui se glisse souvent dans des vers tourmentés 
Qui disent la beauté d’un monde en perdition
Qui la voit s’étioler saison après saison.
Pierre-Jean BOUTET
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