En pleine gueule.

On me jette au visage toute l’horreur du monde
Tombereaux de malheur presqu’à chaque seconde
Un trop plein d’émotions, un constat d’impuissance
La culpabilité devant tant de souffrance.

Quand seulement hier, quelques années en arrière 
Parvenaient assourdies catastrophes et guerres
Quand on était sensible, au sort de son prochain
Quand on tendait la main, c’était notre voisin.

Aujourd’hui mon village comprend la terre entière 
Aujourd’hui tout visage est celui de mon frère 
Je les sens mes pareils, ils ne sont plus lointains
Mais pour tous les aider je n’ai assez de mains.

Je ressens l’injustice, je vois les égoïsmes 
Renforcés par ces peurs comme autant de séismes 
Pourquoi donc partager, le peu que j’ai acquis
Pourquoi donner encore sinon ce qu’on m’a pris ?

Personne ne le sait comment on se protège 
Face à ces temps nouveaux, où sont donc les stratèges 
De tous ces sentiments, on fait de beaux arpèges 
Et pendant ce temps là, tant de vies qu’on abrège.

Tous les jours on reçoit comme en pleine gueule
Des images qui blessent mais qui nous rendent veules
Qu’on voudrait ignorer, qui pourtant nous engueulent
Ne ferez vous pour nous que de plus beaux cercueils ?

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com












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