L’enfant prodigue.
J’ai tant craint savez-vous de la perdre à jamais
De ne plus dans ses bras, non plus me retrouver
Qu’elle m’ait oublié, inconstant serviteur
Qu’elle se soit fâchée de me sentir ailleurs.
Ah, si elle savait combien elle m’a manqué 
Combien je n’ai cessé à elle de penser
A quel point j’étais mal, je me sentais frustré 
A quel point j’avais mal de ne la retrouver.
Cette peur que j’avais de n’être plus capable
De produire des vers même assis à sa table
Que les mots me deviennent comme insaisissables
Comme sont dans le vent les mille grains de sable.
Je vais m’y replonger dans ce bain de jouvence
Dans ce temps hors du temps, celui de l’enfance
Pérégriner curieux, dans toutes dimensions
Dont on sait qu’elle en a des milliers, à foison.
Peut-être bien alors qu’elle pardonnera
Mon infidélité et qu’elle m’accueillera,
Comme l’enfant prodigue en toute humilité 
Je viens la tête basse me jeter à ses pieds.
Pierre-Jean BOUTET
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