Jusqu’au bout.
Insistante est la voix qui me dit c’est fini
Tu es au terminus, c’est très bientôt la nuit
Qui susurre perfide, qu’est arrivé mon tour
De prendre ce billet qui n’a pas de retour.
Je ne sais si j’ai peur, mais combien ça m’agace
De l’entendre ainsi de ce ton qui me glace
Je sais qu’il me faudra, un jour laisser la place 
Mais n’est-ce pas trop tôt ? Je le vois dans ma glace.
Hélas il n’y a pas d’âge pour celle qui ricane
Qui fauche aussi bien le bébé que la canne
Frappe-t-elle au hasard ? Est-ce une loterie ?
Sommes nous sa récolte ? En sommes-nous les fruits ?
Savoir, ne pas savoir, quand la camarde arrive
Quand elle nous conduira alors sur d’autres rives
Pourquoi ressentirai-je sur ma nuque le froid
De sa faux qui en hérisse les poils déjà je crois ?
Je veux qu’elle me surprenne et ne s’annonce pas
Je veux qu’elle me frappe sans dire me voilà 
Je voudrai jusqu’au bout ignorer sa présence 
Qu’elle ne gâche pas mon reste d’existence.
De grâce fait silence et montre toi patiente
Laisse moi l’illusion que ne suis dans l’attente
Je voudrai jusqu’au bout ne sentir ta présence
Ne vient donc pas gâcher mon reste d’existence.
Pierre-Jean BOUTET
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