Un rictus sur sa face.
Parfois je me demande si je puis être gai
Et par gai plus joyeux qu’un pinson je veux dire
Je devrai me pincer, moi pour vous faire rire
Dans l’humour je patauge, à grands coups de pagaie.
Depuis quand n’ai je pu, moi rire jusqu’aux larmes
C’est vous dire que sonne un peu comme une alarme
Cette peur qui m’étreint, quand je pense à la vie
La flamme qui s’éteint, celle de mes envies.
Pourtant je me souviens de franches rigolades
Celles qui me prenaient avec les camarades
Quand la vie souriait au jeune homme léger 
Qui voyait l’avenir comme un bel étranger.
À présent je souris toujours aux galéjades 
Mais le rire suit lui une dégringolade 
Je suis même surpris, quand je m’esclaffe encore
Cela sonne un peu faux, comme un son de remord.
Il faudrait que j’oublie l’épée de Damoclès
Qui plane sur le monde et qui partout le blesse
J’assiste impuissant à ce qui nous arrive
Je serai quant à moi, déjà sur l’autre rive.
C’est le rire du diable devant ce mauvais sort
Qui sonne à mes oreilles quand tout le monde dort
J’aimerai tant clouer ce rictus sur sa face
Tant il est amusé par tout ce qui se passe.
Pierre-Jean BOUTET
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