La plainte déchirante.
Je l’entends encore, qui hurle certains soirs
Lorsque la nuit tombe, et que surgit le noir
La plainte déchirante, de ce chien au loin
Cette voix de détresse, pleine de chagrin.
Était-ce bien un chien, comme on me le disait
Ça semblait si humain le son que j’entendais
Un appel au secours, fallait-il donc y voir
Un cri très déformé, poussé par désespoir ?
Comment est-ce possible, de gémir à ce point
Que faut-il endurer, quel supplice au moins
Tous ces cris me posaient, toujours même question
Pouvais-je l’ignorer si près de ma maison ?
Alors que je passais, un jour sur le chemin
Qui longeait le grillage, du terrain d’un voisin
Je vis là tout au fond de sa propriété 
Des cabanes en bois, un chenil isolé.
Dans le jour finissant, je vis la silhouette
D’un homme s’approcher d’un très tranquille pas
Il venait là ainsi, pour y nourrir ses bêtes 
Je les vis lors sortir, à l’odeur du repas.
Tout à coup j’entendis, s’élever cette plainte
Venant d’une cabane, aux couleurs bien éteintes 
C’était celle d’un mâle, qu’on nourrissait à part
Et qui loin des femelles, attendait donc sa part.
J’étais encore loin de comprendre la force
De ce désir qui pousse, si fort dessous l’écorce 
De cette frustration, entremêlée d’envie
Qui donnait à ce chien, cette étrange folie.
Pierre-Jean BOUTET
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