Au bord de la rivière.
Elle était là sur l’herbe, étendue toute nue
Car en toute innocence, elle était ingénue 
Elle était en confiance, c’est ce qui m’a ému 
J’ai passé mon chemin puis je suis revenu.
Par le plus grand hasard, j’avais aperçu celle
Qui était du ruisseau, la fidèle gardienne
Une nymphe sans doute, et l’une des plus belles
Pourquoi me suis-je dit, ne serait-elle mienne.
De retour sur les lieux, il n’y avait sur l’herbe
Qu’un vieux tronc rabougri, à l’écorce pourrie
Où était donc passée, cette fille imberbe
Dont j’ai cru un moment, qu’elle m’avait souri ?
Depuis lors je sillonne, en tous sens la forêt 
Cherchant dans les clairières ma petite fée 
Je hante les berges, des cours d’eau et des rus
Je suis à la recherche, de ma tendre ingénue.
J’ai sifflé, j’ai chanté, me suis aussi baigné 
Pour me laver de tout, ce dont j’étais chargé 
J’ai vécu simplement, au cœur de la nature
Espérant le retour, de la belle aventure.
Couché sous les étoiles, j’ai respiré l’odeur
De l’herbe et du thym, pour mon plus grand bonheur
J’ai oublié mes haines, j’ai bien chassé mes peurs
Je me suis dépouillé, de tout, sauf de mon coeur.
Après bien des années, de cette vie sauvage
Je suis devenu vieux, je suis devenu sage
J’ai pu remercier, alors cette enfant sage
Grâce à qui j’avais pu, jadis tourner la page.
C’est au petit matin, en longeant la rivière
Pour aller m’y baigner, que j’ai vu la lumière 
L’enfant était assise, qui me tendait les bras
Je fis pour la rejoindre, tout juste quelques pas.
Au bord de la rivière gisent là deux vieux troncs
Qui semblent étendus là, comme des compagnons
On s’y assied parfois, au cours d’une excursion
On vient y fredonner, une jolie chanson.
Pierre-Jean BOUTET
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