Quelques traits sur le papier.
Aujourd’hui mes doigts sur la page, au lieu d’écrire ont dessiné 
Des traits quelque peu improbables, d’où un petit homme est né 
Lui ont-ils aussi insufflé une âme, cela j’avoue point ne le sait
Mais le bonhomme pas très sage, m’a fait très vite un pied de nez.
Mes doigts l’avaient sortis pourtant, de ce néant où il était 
Le bonhomme n’est un géant, mais bien rebelle pourtant il est 
Ainsi l’homme est né sans doute, de quelque Dieu un peu distrait
Et aussitôt s’est mis en route, tout comme si de rien n’était.
J’avais sous les doigts une gomme, et j’ai bien un peu hésité 
Devant la morgue du bonhomme, à pour cela vite l’effacer
Puis je le suis dit pourquoi en somme, mais de quoi l’insolent est fait
Avant même que je le nomme, le bonhomme saute et disparaît.
De le voir ainsi solitaire, j’ai eu ensuite des regrets
Une compagne, une mère, je lui ai alors dessinée 
Elle semblait un peu plus sage, mais me faudra-t-il m’y fier
Son air espiègle rien ne présage, faudra y regarder de près.
Je dois cependant vous le dire, tout un monde j’avais créé 
Pourvu de mille et mille choses, de toutes couleurs de la craie
J’ai laissé quelques temps cette œuvre, car je suis vraiment occupé 
Par de plus sérieuses manœuvres, en dépit de l’éternité.
Un jour enfin de calme plat sur mon dessin me suis penché 
J’ai eu du mal à reconnaître le monde que j’avais laissé 
Où sont donc les rivières claires, elles semblent très encrassées
Où sont les forêts, les clairières, combien donc en ont-ils brûlés ?
J’en vois partout et ils pullulent, mais comment ça ont-ils donc fait
C’est bien au delà des calculs, que pour ce peuple j’avais faits
Combien imprudent j’ai été, en disant croissez, multipliez
Ils m’ont pris au pied de la lettre, je vois les dégâts qu’ils ont faits !
J’en ai pas dessiné beaucoup, des ces planètes habitables
Je n’y arrive pas à tous les coups, je n’en suis pas toujours capable
Elles sont réglées comme des horloges, elles sont vraiment compliquées 
Il suffit qu’une pièce on déloge, et les voilà toutes détraquées.
Comment tout ça va-t-il finir, vais- je devoir intervenir ?
Vais-je corriger leurs erreurs, ou mettre fin à leurs malheurs
J’ai encore sous les doigts la gomme, pour effacer là tous les hommes
Beaucoup se tournent vers le ciel, mais leur vie est artificielle.
J’avais écris quelques poèmes, car au début est bien le verbe
Pour leur dire d’abord on aime, prenez bien soin aussi de l’herbe
Ils en ont fait hélas des armes, en les comprenant de travers
Ils semblent préférer les larmes, à ce monde que je leur ai offert.
Pierre-Jean BOUTET
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