Quand j’en perds mes mots.
Souvent je perds mes mots, que j’avais sur la langue
Je ne les sais plus trop, et j’en deviens exsangue 
Comme si tout soudain, ils étaient dans la gangue 
D’une épaisse bouillie, dans laquelle je tangue.
Je les cherche pourtant, car je sais qu’ils sont là 
Et moi dans cette quête, je ne suis jamais las
Peut-être qu’ils se cachent de peur que leur usage
N’encourage par trop quelques hommes peu sages.
Car les mots c’est curieux, peuvent être des armes
Être dits par des voix, qui suscitent des drames
Et dans le même temps nous arracher des larmes
De joie ou compassion quand l’amour nous désarme.
Je mesure les mots, avant d’y faire appel 
Tant je compte sur eux, pour savoir bien lesquels
Je poserai alors, sur la page rebelle
Pour dire avec eux, combien la vie est belle.
J’ai retrouvé ces mots, qui étaient en sommeil
Pour vous dire à nouveau, tout ce qui m’émerveille 
Grâce à eux mon esprit, est toujours en éveil 
Et chantera ce monde à nul autre pareil.
Pierre-Jean BOUTET
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