La sirène du port.
La sirène du phare, a trop longtemps gémi
Lorsque sur ton voilier, tu es du port sorti
C’était il y a dix jours, et puis plus rien depuis
Pas un signe de toi, pas un signe de vie.
Je m’en vais tous les soirs, te guetter sur le quai
Les genoux repliés, tous les soirs je t’espère 
Quand le brouillard se lève, et vient masquer les flots
C’est la corne de brume, qui annonce les bateaux.
Les recherches ont cessé, après cette tempête 
Partout ils ont fouillé, même en hélicoptère 
Mais j’entends sans arrêt, tous ces mots dans ma tête 
Attends-moi tu m’as dit, je reviendrai à terre.
A l’église j’ai vu au mur ces ex-votos
Des femmes de marin, y ont gravé ces mots
Toi disparu en mer, jamais on t’oubliera
La mer est dévoreuse, mais toi tu reviendras.
Je ne puis ni pleurer, ni même pour toi prier
Ce serait renoncer, à revoir ton voilier
La sirène du port, bientôt retentira
Lorsque à l’entrée du quai, toi tu resurgiras.
Tu auras ce sourire, espiègle et conquérant 
Tu invoqueras la panne, de radio ou de vent
J’oublierai à l’instant, la peur qui m’a mordue
Je me noie dans tes yeux, je t’ai tant attendu.
Des voiles claquent au vent, je relève la tête 
Je reste sur le quai, longtemps ai-je rêvé 
Je ne sais plus quel jour, ni depuis quand je guette
La nuit vient de tomber, et moi je dois rentrer.
Je reviendrai demain, écouter la sirène 
Et la corne de brume, si le brume se lève 
Je ne perds pas espoir, malgré toute la peine
Il n’y a d’autre que moi, pour prendre la relève.
Pierre-Jean BOUTET