À la casse...
Sur la ligne brisée, d’une vie qui s’éteint 
Flottent encore des risées, qui n’ont connu de freins
Elles ont gâché la vie, elles ont cassé les reins
Du pauvre enfant vaincu, par des regards malsains.
Il n’a pas eu de chance, d’être né si difforme
Il n’était déjà pas un enfant dans la norme.
Qu’ils peuvent être cruels, les enfants de l’école 
Avec ce petit là, chez qui y a rien qui colle.
Il n’était pas génial, sous cette carapace
Semblait un animal, il n’avait pas sa place
De plus il faisait peur, renvoyant une face
Sortie d’un film d’horreur, une affreuse grimace. 
Un enfant effrayé, au cœur d’une prison
Qui entendra sa voix, qui entendra raison
Une âme délicate, dans un affreux cocon
Un cœur abandonné, pour mauvaise raison.
D’abord aux apparences, les autres sont sensibles
Ils ne feront confiance, qu’à ce qui les fascine
Ce qui ne leur ressemble, ils le rejetteront 
Aussi le haïront, où ils s’en moqueront.
Nous nous disons humains, mais ne sommes que bêtes 
N’acceptons dans la meute, que celui dont la tête 
Flatte bien notre ego, et nos natures inquiètes 
Qui peut-être un héros, à qui on fera fête.
Malheur donc à celui, dont nous ne savons pas
Derrière la surface, s’il est des nôtres ou pas
Nous sommes beaucoup ainsi, à être dégueulasses
Avec tous ces humains, qu’on voudrait à la casse.
Pierre-Jean BOUTET