Les mains toujours.
C’étaient de tendres mains qui caressaient ma joue
Lorsque j’étais l’enfant, blotti sur ses genoux
De douces mains aussi se posaient sur mon front
Quand grelottant de fièvre, j’avais tous ces boutons
C’étaient de chaudes mains, qui couraient sur ma peau
Dans ces coquines siestes, qui n’avaient de repos
Des mains très possessives, qui s’agrippaient à moi
Pour me faire gémir, au creux de mes émois.
C’étaient des mains solides qui soutenaient mon corps
Dans ces pas hésitants, que je faisais dehors
Des mains bien secourables, devant cette faiblesse
Qu’on a tous eu un jour, lorsque la vie nous blesse.
Ce sont des mains fébriles, qui s’agitent à présent 
Se tordent d’anxiété, après un accident 
Des mains soudain inquiètes, pour la première fois
De ne savoir que faire, devant ce corps trop froid.
Les mains ont un langage, d’abord pétri d’amour 
Si on les laisse faire, elles sauront toujours 
Comment porter à l’autre, affection ou secours
Les mains savent quoi faire, jusqu’au dernier recours.
Pierre-Jean BOUTET