Fable de tous temps et de tous pays
Le jeu du démon.
Où que puissiez aller, partout vous entendrez
Cette sorte d’histoire que je vais vous conter.
Elle commence toujours dans un petit village
Et parle de deux enfants, amis dans ce bel âge.
Dans cette tendre enfance, ils jouent bien à ces jeux
Qui n’ont d’autre enjeu, que d’y être heureux
Plus tard en grandissant, ils s’attendent à mieux
Selon qu’ils restent sages, ou qu’ils sont ambitieux.
Il en toujours un, qui ne trouve sa voie
En restant au village, vivre comme autrefois
Celui partira, chercher d’autres raisons
Et il disparaîtra, derrière l’horizon.
Ceux là ont un destin, bien différent des autres
De ceux qui ont suivi, les conseils des apôtres 
De ceux qui croient aux lois, inscrites dans ces livres
Et qui font leurs prières, en pensant être libres.
Ceux là vont au hasard, de ces chemins qui s’ouvrent
Leur pas les conduira, selon ce qu’ils découvrent
Soit vers l’Eldorado, dont ils ont tant rêvé 
Ou bien sur un radeau, sur la mer démontée.
Ceux-là prendront conscience de l’univers immense
A quel point en regard, sont insignifiants
Ils tenteront leur chance, en fonction des talents
Et de tous ces hasards, de mère providence.
Ils sont explorateurs, savants, chefs d’entreprise
Ils ont ce feu au cœur, qui les tient sous emprise
Il se peut que pour ça, parfois on les méprise 
D’avoir eux le pouvoir, sur les décisions prises.
Souvent on vous dira, de rester à l’abri
Des murs de vos villages, on n’y est point surpris
On n’y a pas ces doutes, quant aux chemins à prendre
Il suffit pour cela, les règles de les apprendre.
Mais que serait le monde, s’il était immobile
Peut être y serait-on, l’âme un peu plus tranquille
Pour en vaincre les risques, il faut en prendre aussi
Depuis l’aube des temps, il en est bien ainsi.
Pourquoi donc dira-t-on tout ça a dérapé 
Au départ vertueux ces mouvements étaient 
Il semble qu’un démon s’est glissé dans le jeu
Et en a perverti l’équilibre précieux.
Longtemps comme on observe, ils se sont conjugués 
L’intérêt général et des aventuriers
Longtemps les retombées de leurs initiatives
Ont profité beaucoup pour que bien mieux tous vivent.
Mais un jour ce démon a tout fait basculer
Un jour le diable argent, est devenu un dieu
Le seul commun aux hommes, partout et en tous lieux
Et depuis il consume ceux qui vont l’adorer.
C’est un puissant aimant qui a lui tout attire
Plus il est concentré et plus il est puissant
C’est d’abord ceux qui partent, c’est d’abord ces enfants
Qu’il séduira surtout et s’en va pervertir.
Ceux qui sont restés purs, malgré tout ils dépendent
Du bon vouloir de ceux, que l’argent a su prendre
Personne ne sait plus, comment on peut suspendre
Le jeu de ce démon, cela va vous surprendre.
Pierre-Jean BOUTET
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