Une vie qui bascule
Je vois pâlir le ciel dans la douceur du soir
Tandis qu’il s’assombrit, d’orange et de noir
Je songe à demain quand renaîtra l’espoir
Demain ce jour béni, où je vais te revoir.
Combien en ai-je vu, de ces longs crépuscules 
Attendant ton retour pour que ma vie bascule
Combien aurai-je dit en combien d’opuscules
De mots d’amour choisis, n’en ai fait le calcul.
Je sais que tu reviens, de toi je ne sais rien
Car tu n’as pas écris, de moi tu te souviens ?
De ces mots murmurés qui sont mon seul soutien
Lorsque tu es partie, en disant je reviens.
Nous n’avions que dix ans, nous étions des enfants
Cela n’empêche pas pourtant les sentiments
Nous étions tous les deux comme le feu et l’eau
Tu étais si ardente, et moi plutôt lourdaud.
Huit ans se sont passés dans cette grande ville
Où tu as étudié pour toi c’était facile
Et moi je suis resté dans ce pays tranquille
Les vaches à garder, elles sont si dociles.
Viendras-tu avec moi en haut de la colline
Regarder l’horizon lorsque le jour vacille
Ta main bien dans ma main comme c’était autrefois
Ta tête sur mon épaule, tous les deux toi et moi ?
J’ai déjà préparé dans notre grande ferme
La chambre la plus belle pour que fort on s’y aime
J’y ai mis des rideaux, avec de jolies fleurs
Pour qu’elle soit aussi, le nid d’un grand bonheur.
Je suis sûr que demain en descendant du train
Que tu me souriras, je te prendrai la main
J’aurai mis tu le sais, mon plus joli costume
Et je te marierai comme c’est la coutume.
Je vois pâlir le ciel dans la douceur du soir
Combien j’ai à présent, cette hâte de te voir 
Demain est le grand jour, où notre vie bascule
Dans le calendrier, j’en ai fait le calcul.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com