Au gré de ma plume
Je vais suivre ma plume où elle me mènera 
Car une fois de plus, ça je ne le sais pas
Par le canal magique qu’est-ce qui coulera ?
C’est pour moi la surprise, et qui lira verra.
Souvent elle nous prend la nostalgie des temps 
Où tout était dit-on, plus vrai et plus facile
Quand on regarde bien, et de près, ces moments
On voit qu’à ces époques, tout était plus fragile.
Car en réalité, il n’y a rien de constant
La vie, le temps, les mœurs, tout est en changement
N’a-t-on vaincu pour rien, ce qui était affligeant 
Famines, épidémies et conflits tout le temps ?
En fait tous on s’adapte, à ces chamboulements
Certains on les accueille, par applaudissements
Mais ce qu’on ne supporte, c’est la réalité 
L’âge nous ferme des portes, la triste vérité !
Qui donc n’a de regrets, du temps de ses vingts ans
On a toutes ses dents, et pas un cheveu blanc
On se sent si fringant, on a faim tout le temps
D’amour, de sensations, on est en mouvement.
Ce ne sont que les vieux, qui évoquent le bon vieux temps
Les jeunes en sourient, ils regardent devant
La vie n’est pas facile mais ils croquent dedans
Et il en est ainsi, depuis l’aube des temps.
J’ai atteint ce bel âge, où encore on se sent
En assez bonne forme et toujours bien vivant
Mais j’éprouve des craintes, pour tout ce qui attend
Dans les années qui viennent enfants, petits enfants.
En une vie à peine, j’en ai vécu pourtant
Bien plus qu’il n’y eut naguère, de nombreux changements
Je n’ai vécu de guerre, mais ce qui est effrayant
C’est de voir que la terre, partout se meurt maintenant.
Voilà donc que ma plume part dans ces errements
Je la voulais légère, elle insiste lourdement
Reflétant cette angoisse qui si souvent me prend
Quand je lève la tête et regarde devant.
Pierre-Jean BOUTET
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