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Fable de tous temps et de tous pays
Au pays des chiots
C’étaient deux jeunes chiots, s’ébattent dans la cour
Comme ils s’entendaient bien, se voyaient tous les jours
Leur camaraderie faisait plaisir à voir 
Ils semblaient si copains, amusants, blanc et noir.
Car on les surnommait, et la nuit et le jour
Ils étaient bien deux notes, qui sur la portée courent
Etaient à cette école, qu’on appelle la rue
Aussi je m’interroge, que sont-ils devenus ?
L’un était pure race, de famille cossue
Habitait pavillon, tout en haut de la rue
Faisait bien toiletter son pelage de neige
Mangeait à satiété, jouissant de privilèges.
L’autre était un noiraud, de famille inconnue
Habitait un taudis, dans un coin fort perdu
N’avait pas l’eau courante, se lavait dans les flaques
Mangeait ce qu’il trouvait, ou aux portes des claques.
Les deux chiots ont grandi, hélas, réalisé 
Ce qui dans cette vie, pouvait les séparer 
Ce qui attendait l’un était si prévisible
Tout espoir était vain, pour l’autre, si risible.
Leurs chemins peu à peu se sont trop écartés 
Au point que d’en venir, à se bien détester 
L’un ayant pris conscience de ce qu’il pouvait perdre
L’autre de l’injustice que subissait ses frères.
Le blanc avec les blancs, jaloux de leur statut
Le noir avec les siens, condamnés à la rue
On construit des barrières même des barbelés 
Pour tenir à distance tous ces noirs mal aimés.
Le blanc ne joue donc plus avec les chiens noirs
Des notes dissonantes qui ne chantent l’espoir
Les rondes et les croches ne sont plus belles à voir
Mais résonne le blues, dans les vapeurs du soir.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com